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12 Aug

Luxe et développement durable ?

Publié par Rim Hajji

L’insolente réussite des grandes marques du luxe n’a de cesse d’étonner d’autant que le secteur est dominé par les entreprises occidentales et que la croissance économique des pays concernés est paradoxalement en récession .

Le moins étonnant n’est pas que cette réussite apporte avec elle la preuve que la mondialisation n’est pas nécessairement un mal puisqu’elle en est son principal moteur.

Les grandes marques du luxe se sont engagées, dans les années 1980, dans le processus d’accélération de la mondialisation. Elles se sont rapidement globalisées, ce faisant elles ont abandonné les outils classiques du marketing et les approches commerciales devenues obsolètes; elles ont engrangé des profits considérables. Les diverses stratégies mises en œuvre par les Maisons du luxe – stratégie de niche, stratégie de portefeuille, stratégie internet, diversification, extension de gamme, spécialisation, ou rachat et intégration des artisans – leur ont permis de se mettre à l’abri des aléas de la conjoncture économique. A preuve, le ralentissement des activités dans les pays occidentaux touchés par la crise a été largement compensé par les gains des marchés émergents, Brésil, Chine ,Inde, et Russie.

On aurait tort de croire que la clientèle de l’industrie du luxe n’est constituée que des classes socio-professionnelles les plus élevées économiquement, ou des élites. Les temps ont changé. Les attentes des citoyens et leurs comportements d’achat dans de nombreuses régions du monde ont évolué de manière radicale. Le désir que suscitent les grandes marques n’a pas son pareil. Cela est tellement vrai que luxe et démocratisation ont cessé d’être des notions incompatibles. Une nouvelle culture planétaire semble avoir émergé dans laquelle le luxe, et le plaisir qu’il procure lequel touche à l’intimité et l’identité des êtres, est devenu un produit de consommation courante. Il suffit de se rendre dans les Maisons du Luxe pour s’en convaincre.

Serait-ce pour toutes ces raisons qu’en matière de Développement Durable les attentes des parties prenantes externes, notamment les associations de consommateurs et les ONG, sont si fortes ? Tant il est vrai que le risque d’image des entreprises du secteur du luxe, plus que tout autre sans doute, est une donnée essentielle.

« Problématique phare depuis une vingtaine d’années, le développement durable est incontournable aujourd’hui et concerne désormais tous les secteurs d’activité. Le luxe n’y échappe pas. Mais il se voit néanmoins taxé de mauvaise volonté lorsqu’il s’agit d’améliorer ses pratiques en faveur d’environnement, voire même accusé de ne pas vouloir intégrer la problématique dans ses stratégies. En apparence aux antipodes du développement durable, le luxe est pointé du doigt car souvent défini comme inutile et ostentatoire. Il semblerait pourtant que de nombreuses initiatives associant luxe et développement durable voient le jour. »

Quoiqu’il en soit, il ne semble pas que l’industrie du luxe ait l’intention de céder aux pressions exercées sur elle. Pourquoi le ferait-elle ? Pourquoi un secteur d’activité qui a su épouser avec le succès que l’on sait les mutations de son époque, comme en témoigne la manière dont a été négociée la globalisation des biens, services, et produits, tout en préservant mieux que quiconque son capital image, aurait-il des leçons à recevoir ? Fidèle à sa tradition d’excellence, dotée d’une culture forte autant que singulière, l’industrie du luxe tisse sa toile et continue de tracer son sillon avec la discrétion, d’aucuns diront l’élégance, qui constitue sa marque distinctive.

Et il n’est pas dit que les grandes marques du luxe ne nous étonneront pas une fois de plus, par leur façon propre, exclusive, avec laquelle elles relèveront le défi des enjeux du Développement Durable. Nous en voulons pour preuve l’événement grand public « Sustainable luxury », autrement nommé 1.618 (= Phi = φ = nombre d’or) du 29 mars au 1er avril 2012 à la Cité de la Mode et du Design, à Paris. Un évènement où professionnels de la mode et de l’écologie ont travaillé mains dans la mains pour redéfinir le luxe de demain, plus respectueux que celui d’hier ou d’aujourd’hui.

Luxe et développement durable ?
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