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15 Jan

Yves Saint Laurent : Artiste et génie de la mode

Publié par Rim Hajji

Alors que sort le film sur le créateur et designer Yves Saint Laurent, j’ai trouvé intéressant de rendre hommage à ce « pitbull de la mode française », en relatant son parcours professionnel et personnel semé d’embuches.

Le parcours chronologique commence au coeur des années 50. Yves Saint Laurent fait ses premiers pas chez Christian Dior à une époque où la femme est encore enserrée dans ses corsets. Le vêtement haut de gamme est une parure chic, un symbole du rang social qui possède encore peu son langage propre. Bien que talentueux, Yves Saint Laurent "imite" ses contemporains, comme un jeune peintre l'aurait fait de son maître. À la mort de ce dernier Saint-Laurent prend la direction artistique de la maison Dior et présente sa première collection, dite « Trapèze ».

C'est après son retour d'Algérie où il a été appelé pour service militaire (d'où il a été démobilisé au bout de trois semaines à cause d'une dépression) que le couturier se met à voler de ses propres ailes. Pierre Bergé, son compagnon de l’époque et mécène, le pousse à créer sa propre maison, ce qu'il fait en 1962. Dès lors, il griffe son "style" (un mot qu'il préférait à celui de "mode") dans chacune de ses collections, en empruntant à ses débuts au vestiaire masculin: cabans, vareuses, et même costumes-pantalons. Petite révolution dans ses ateliers de la rue Marceau, à Paris où il casse mes codes du genre et surprend par son audace et ses influences.

Poussant la logique jusqu'à son paroxysme, il crée bientôt un smoking pour femmes, que ses clientes et amies les plus célèbres adoptent sur le champ.

Bien que son peintre préféré fût Pablo Picasso, la carrière d'Yves Saint-Laurent me fait penser à celle de Matisse. Une fois le ton trouvé, YSL se démultiplie, adapte, créer et recrée sans cesse, toujours plus innovant, mais également respectueux de certains codes: la couleur, qu'il découvre lors de voyages au Maroc; les proportions, toujours très féminines; le souci du détail, enfin.

Comme tout avant-gardiste, cet homme pourtant très discret aime créer le scandale. On est en 1971: sa collection d'été, inspirée des années 1940 et pleine d'ironie, est descendue en flèche par la presse. Rétrospectivement, on y voit plutôt un impertinent trait de génie destiné à faire bouger les lignes, comme en atteste ce magnifique manteau de renard vert.

Alors que chez ses collègues, la femme porte bikinis et mini-jupes, Yves Saint Laurent s'en va puiser son inspiration à l'étranger, dans des pays à contre-courant de la modernité. Chine, Inde, Maroc, et même Russie (en pleine guerre froide!), qui donne lieu à ce qui semble être sa plus belle collection, très XIXème siècle. Collection ambiguë, au passage, car elle cultive un certain esthétisme "Russie tsariste" tandis que l'URSS reste très marquée par le socialisme réaliste.

Ce mondain un brin déconnecté de la réalité a paradoxalement fait descendre la Haute-Couture de son piédestal, en créant par exemple une collection de prêt-à-porter "Rive Gauche" fabriquée pour la première fois en série. Même si tout reste très cher, il faut bien l'avouer, c'est déjà pas mal.

Sa dernière collection, en 2002, est à l'image d'un Jean Dubuffet: nés génies, ils ont tous deux appris à "désapprendre" au cours de leur carrière, pour retrouver un style plus simple, purifié. Ce qui donne, chez Dubuffet, des dessins d'enfants et chez le couturier, des robes de mousseline ultra-dépouillées. Le 7 janvier 2002 Yves Saint Laurent fait ses adieux à la haute couture à l'âge de 66 ans : « J'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé ». Le 23 janvier de cette même année, il fêtera les quarante ans de sa prestigieuse maison de couture.

Bien qu’il soit un génie dans la mode, Yves Saint Laurent a toujours été considéré comme un « mauvais » garçon entre scandales et polémiques. On a souvent dis qu’il provoqué à cause de son génie. Par exemple, l'image Yves Saint Laurent en 1971, du photographe français Jeanloup Sieff. Une photo du couturier complètement nu qui a servi au lancement de son premier parfum pour hommes, marquant du même coup l'histoire de la mode et celle de la publicité.

Cette photo est certainement l'une des plus emblématiques du couturier français, ayant réussi à capter le mélange subtil de provocation et de timidité qui le caractérisait. Ses cheveux et sa barbe taillée lui donnent un petit air christique, d'autant plus que son visage est entouré d'un halo de lumière.

Image paradoxale, s'il en est, d'un homme ayant fait sa renommée en créant des vêtements et qui n'hésite pas à se mettre à nu pour vendre du parfum. Et en plus, cette idée est la sienne. Le photographe Jeanloup Sieff a souvent raconté cette légendaire séance de photo en soulignant qu'Yves Saint-Laurent voulait choquer.

Il décède le 1er juin 2008, des suites d'un cancer du cerveau à l'âge de 71 ans.

Ce jour là, le monde de la mode a perdu une de ses plus grandes icones, un homme différent, anticonformiste, avant-gardiste et ingénieux

Yves Saint Laurent : Artiste et génie de la mode
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Commenter cet article

Radia 15/01/2014 19:33

Yves Saint Laurent! Un mythe.
Super article